"Sie hat es erfahren."

Traduction :Elle l'a appris.

February 21, 2016

26 messages
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    Je risquerai ici une explication faisant la différence entre le procédural (ou processoral) et l'accompli en me fiant pour cela à la première la définition du dictionnaire Duden (prendre conscience; apprendre à connaître). Quand on apprend quelque chose (processus), il est possible qu'on finisse par le savoir (résultat, accomplissement). En d'autres termes, avant de pouvoir dire qu'"elle l'a su", il faut qu'"elle l'ait appris". Il me semble que la différence est bien nette en allemand, peut-être plus nette qu'en français (?)


    https://www.duolingo.com/profile/momo-ono

    Je comprends ton explication. Merci.


    [utilisateur désactivé]

      Il me semble que l'utilisation du passé composé ici exprime l'idée de "erfahren".


      https://www.duolingo.com/profile/Marcus_Arbiter

      Cette explication me fait fortement penser au verbe οἶδα [en transcription latine oida] en grec ancien, qui signifie "je sais", mais étymologiquement "j'ai vu", on a bien un résultat à partir d'un processus. Pour ceux que ça intéresserait, voici un lien en allemand à ce sujet, histoire de rester quand même dans la langue du cours, même si mon excursus en fait intervenir d'autres : https://de.wiktionary.org/wiki/%CE%BF%E1%BC%B6%CE%B4%CE%B1

      À noter qu'on retrouve aussi cette racine indo-européenne wid- ("voir") aussi bien dans le latin "videre" et le français "voir" que dans l'allemand "wissen". Là encore, pour ceux que ça intéresserait, voir la dernière section de cet article : https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2016-1-page-78.htm#


      https://www.duolingo.com/profile/GrardBarro

      En grec morderne (Dimotikos) j'ai vu se dit ida (epsilon, iota, delta, alpha).


      https://www.duolingo.com/profile/Marcus_Arbiter

      C'est intéressant. On y retrouve le même radical que l'aoriste du même verbe en grec ancien :
      εἶδον (grec ancien) > είδα (grec moderne)

      Pour les personnes qui ne connaissent pas les temps des verbes en grec ancien, je dirais pour simplifier que l'aoriste correspond en gros au passé simple ou au passé composé (pour le français), au Präteritum ou au Perfekt (pour l'allemand) ou encore au Simple Past (pour l'anglais). Il n'a pas cette valeur résultative qu'a le parfait du grec ancien (οἶδα pour le verbe "voir", qui est devenu un présent pour le verbe "savoir") ou encore le Present Perfect de l'anglais.


      https://www.duolingo.com/profile/AngieFranz

      Aprés qu'elle l'a appris, elle sait.


      https://www.duolingo.com/profile/sebvaillancourt

      "Elle l'a vécu", pourquoi ça ne fonctionne pas? Germanophones à l'aide svp.


      [utilisateur désactivé]

        Tu voulais sans doute dire au sens "éprouver", "expérimenter" un sentiment, une situation ? Ici je pense que le sens visé était plutôt "apprendre quelque chose" comme une nouvelle, une information, un événement, ...


        https://www.duolingo.com/profile/Langmut

        Salut Berlac, tu as tout à fait raison que la première interprétation de "sie hat es erfahren" est celle d'apprendre une nouvelle. Mais l'interprétation de SebVe est aussi possible et se traduit par "éprouver" comme tu l'as suggéré. Je pense que "elle l'a vécu" serait plus proche de "sie hat es erlebt".


        https://www.duolingo.com/profile/sebvaillancourt

        c'est effectivement ce que je voulais dire. étant donné qu'ici le contexte est pas très clair, il devrait être accepté


        [utilisateur désactivé]

          Tu peux le signaler avec le bouton spécial de la page concernée.


          https://www.duolingo.com/profile/Marion849602

          vécu = erlebt : Il a 85 ans, il a vécu la guerre mondiale. Elle a appris = sie hat erfahren: Elle a appris que leur chat est disparu.


          https://www.duolingo.com/profile/Tharqua

          donc ça veut dire quelqu'un qui prend connaissance d'une nouvelle : d'un journal, du décès d'un proche, ... mais pas d'une connaissance / d'un savoir ?


          [utilisateur désactivé]

            Comme premier sens "prendre connaissance".

            Comme deuxième sens. Un apprentissage mais par le vécu, l'expérience, la pratique. Assez proche de "erleben"dans ce sens-là.


            https://www.duolingo.com/profile/daisie93068

            D'après vos commentaires, "Elle en a pris connaissance" devrait donc être accepté. Ce qui n'est pas le cas.


            https://www.duolingo.com/profile/Langmut

            L'as-tu signalé à Duo?


            https://www.duolingo.com/profile/Xxf8v9Bf

            Bonjour, en grande débutante, j'ai pensé que la réponse était "Elle l'a conduit". Quelqu'un comprend-il d'où peut venir mon erreur ? Merci d'avance.


            https://www.duolingo.com/profile/ChristianR32353

            Je pense que cela vient du fait que vous avez vu "fahren" dans "erfahren" qui n'a toutefois rien à voir avec "conduire, aller en véhicule", car "erfahren", c'est "apprendre" dans le sens "d'apprendre une nouvelle".


            https://www.duolingo.com/profile/Pascale508516

            Elle l'a découvert ?


            https://www.duolingo.com/profile/ChristianR32353

            Découvrir = entdecken


            https://www.duolingo.com/profile/chris278828

            Et pourquoi duo n'accepte pas elle l'a expérimenté puisque le contexte n'est pas précisé ? Je le signale


            https://www.duolingo.com/profile/DamianDomi278643

            Pourquoi : elle l'a su n'est pas accepté par DL ? Alors que "su" est proposé dans les traductions possibles de Duo ? Je ne comprends rien.


            https://www.duolingo.com/profile/ChristianR32353

            "Erfahren" n'est pas "savoir". Duo nous fait des sugestions, mais c'est à nous de choisir la bonne.


            [utilisateur désactivé]

              Traduttore, traditore !

              Lorsqu'un mot paraît difficile à utiliser, il me semble que le recours aux dictionnaires bilingues apporte plus de confusion que de clarté. Parmi les sens possibles proposés, on trouve : apprendre, être informé, faire l'expérience de quelque chose, découvrir, savoir, connaître, etc. Comment, à partir d'une telle liste, serait-il possible de faire un emploi judicieux du verbe "erfahren" sans commettre de contresens, sachant qu'il ne signifie pas "lernen", "erleben", "wissen", "kennen", "informieren", "entdecken", etc. ?

              Une traduction n'est jamais qu'une équivalence, plus ou moins approximative, de l'image mentale d'un locuteur natif. Pour m'en approcher, j'essaie plusieurs moyens qui retardent le plus possible le recours aux dictionnaires bilingues que je réserve au "désespoir de cause" !

              Une première approche intéressante est le recours à un dictionnaire monolingue. Je prends, par exemple, la définition du DWDS : "von etwas Kenntnis erhalten, etwas zu wissen bekommen", une connaissance ou quelque chose à savoir que l'on reçoit ou obtient de quelque chose. "von etwas" nous oriente vers une sorte d'intermédiation. C'est par l'intermédiaire de quelque chose ou quelqu'un que l'on va savoir quelque chose. C'est encore assez vague mais il y a encore des moyens de progresser.

              Une deuxième approche est le recours à des exemples d'utilisation du verbe "erfahren". Ces exemples vont nous mettre sur la voie de l'intermédiaire par lequel on peut apprendre quelque chose, et aussi sur la nature de ce qui est appris ou à connaître. Je me suis intéressé à ces vers de Goethe, tirés de sa pièce "Torquato Tasso" car ils me paraissent bien éclairer le sens du verbe "erfahren" : "Willst du genau erfahren, was sich ziemt, / So frage nur bei edlen Frauen an." Nous sommes dans l'Acte II, scène 1ère, Le Tasse dialogue avec la Princesse, et c'est la Princesse qui s'exprime ainsi. Elle répond au Tasse qui s'interroge sur qui pourrait décider de ce qui est convenable, de ce qui sied, ce qui est de mise ("was sich ziemt") ; il évoque, en particulier, le rôle d'un "tribunal universel composé de gens bons et nobles qui déciderait de ce qui est convenable" (O wenn aus guten edlen Menschen nur / Ein allgemein Gericht bestellt entschiede, / Was sich denn ziemt!). Du point de vue de la métrique, Goethe aurait pu utiliser "erleben" au lieu de "erfahren" mais alors nous aurions obtenu une dissonance de sens relativement au deuxième vers de la Princesse qui oppose la spécificité de l'intermédiaire, les nobles femmes, dans la connaissance de ce qui sied à la généralité et l'universalité du Tasse, qui invoque les humains (Menschen) nobles et bons. Personne de sexe masculin, Le Tasse ne peut pas prétendre éprouver par lui-même ("erleben") le sentiment de ce qui sied ; il ne le pourra que par le truchement d'une personne de sexe féminin (noble mais plus de caractère que de naissance, au sens de "edel"), au travers d'une prise de conscience ("erfahren").

              Cela nous conduit à une troisième approche pour éclairer le sens du verbe "erfahren", le contraste relativement à un verbe synonyme proche mais néanmoins concurrent : "erleben". DWDS définit "erleben", comme premier sens : "durch etw. von außen Einwirkendes betroffen und in seiner Empfindung beeindruckt werden". Cette fois il n'est pas question de "connaître" ou de "savoir" mais d'"affects", de "perception", de "sensations" à travers quelque chose d'extérieur. L'intermédiaire de l'expérience est le fait de vivre, soi-même, corporellement avec ses cinq sens et non plus seulement intellectuellement ou conceptuellement, quelque chose d'extérieur à soi. D'une expérience de "seconde main", avec "erfahren" nous sommes passé à une expérience de "première main", avec "erleben", de l'indirect au direct. Et si "erleben" implique "erfahren", la réciproque n'est pas vraie ! Voici un exemple personnalisé : mon père, pendant la Seconde Guerre mondiale, a été soldat et prisonnier de guerre. "Mein Vater erlebte die Schrecken des Krieges." Hier soir, j'ai regardé à la télévision un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale. "Ich erfuhr gestern Abend die Schrecken des Krieges." C'est une expérience que je ne peux (heureusement) pas comparer à celle de mon père. L'une n'est pas moins bien que l'autre. Ce sont deux expériences différentes. A la suite de cette émission, j'ai décidé de faire une thèse sur la guerre. Pour cela je me suis inscrit à l'université, suivi des cours d'histoire, j'ai étudié des tonnes d'archives, lu des myriades de livres, vu tous les films sur le sujet, etc. "Durch meine Diplomarbeit erlernte ich den Zweiten Weltkrieg."

              Ce dernier exemple nous conduit à une quatrième approche, l'analyse de la dérivation de ces verbes que nous avons rencontrés : "erfahren", "erleben", "erlernen". Il s'agit d'une particule inséparable, "er-" suivie de ce que les linguistes appellent une base (ici ce sont des verbes, mais ce peut être aussi un adjectif). Avec un verbe, la particule prend (souvent) le sens de "obtenir quelque chose", "parvenir à quelque chose", le verbe indiquant le moyen, la façon dont on est parvenu au résultat, le verbe étant, en quelque sorte, transformé en verbe de modalité pour le résultat attendu. Ainsi, "erleben" est ce que l'on a obtenu en vivant, "erlernen", en étudiant. Mais alors avec "fahren", ça ne marche pas, me direz vous ! Je serais fort surpris que "erfahren" n'ait aucun rapport avec "fahren" (c'est un peu comme si on me disait qu'en français, "émouvoir" n'avait rien à voir avec "mouvoir !) En fait, quand on se penche sur l'étymologie de "fahren", ce verbe n'a pas toujours eu la spécialisation que nous lui connaissons aujourd'hui, de déplacement avec un véhicule (ou autrement qu'à pieds). Dans le passé, il a signifié "voyager" dans uns sens très général.

              Je ne résiste pas à donner un dernier exemple que j'ai lu récemment dans une livraison récente du magazine #Heimat (https://heimatschwarzwald.de/heimat-schwarzwald-ausgabe-29-62021/). La couverture montre une voiture de collection et un article est dédié à un rallye automobile qui s'est déroulé à Baiersbronn. Le titre de couverture est "Heimat erfahren" ! L'auteur joue sur les verbes "erleben" (ce qu'il a expérimenté lui-même en conduisant un des vieux bolides) et "erfahren" (ce que le lecteur va apprendre de cette expérience) mais aussi sur un sens non lexicographié de "erfahren" (ce que l'on peut apprendre en conduisant une vieille voiture) ! Et tout cela, bien sûr, à propos de la Heimat (la chose que l'on va éprouver, appréhender, percevoir, apprendre, de différentes manières) !

              Goethe écrit à propos des traducteurs dans "Maximen und Reflexionen" : "Übersetzer sind als geschäftige Kuppler anzusehen, die uns eine halbverschleierte Schöne als höchst liebenswürdig anpreisen: Sie erregen eine unwiderstehliche Neigung nach dem Original." Nous sommes passé des traitres aux entremetteurs. J'espère que ce commentaire un peu long éveillera un attrait irrésistible pour l'original ...

              Gute Fahrt!

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